Les GIEE

Le Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) est constitué d’agriculteurs.rices et de partenaires liés autour d’un projet commun orienté vers la performance des systèmes en place.

Le groupe étudie et met en pratique un plan d’actions reconnu par l’Etat s’appuyant sur le triptyque du développement durable :

– Performance économique : Améliorer la compétitivité des exploitations, augmenter la valeur ajoutée

– Performance sociale : Améliorer les conditions de travail des membres du GIEE et de leurs salariés, favoriser l’emploi et faciliter l’intégration des agriculteurs.rices sur le territoire

– Performance environnementale : Assurer la préservation des écosystèmes sur lesquels s’appuie l’exploitation (diminution intrants, préservation des ressources…)

Les GIEE en région CVL : https://draaf.centre-val-de-loire.agriculture.gouv.fr/les-giee-en-region-centre-val-de-loire-a543.html 

À la demande de CUMA, la FRCUMA CVL a animé et anime des GIEE. Elle y valorise ses compétences établies dans l’animation de groupe et de projets ainsi que sa connaissance neutre du matériel agricole et des coûts liés. Elle s’entoure de partenaires techniques et des différentes filières pour répondre collectivement aux changements de pratiques souhaités par les agriculteurs.rices.

9 exploitations adhérentes de la CUMA de l’Arc-en-Ciel (Charnizay, 37) souhaitaient développer l’autonomie alimentaire des élevages en Sud Touraine par une approche collective.

L’objectif du projet était de développer l’autonomie alimentaire des exploitations d’élevage par des pratiques qui assurent l’accroissement des gains en productivité sur la gestion durable des prairies, par l’optimisation de la mécanisation de la récolte et par l’organisation rationnelle des chantiers.

Le GIEE a abouti à l’achat d’un andaineur à tapis par la CUMA, la définition d’un cahier des charges de presse à balle ronde et la construction d’un hangar pour le matériel partagé. Les résultats complets sont disponibles sur demande à la FRCUMA CVL.

12 agriculteurs.rices de la CUMA du Ruban (Betz-le-Château, 37) se sont intéressé.e.s à la réduction de leurs achats de protéines par le développement de cultures en mélange avec légumineuses et protéagineux, associées à du maïs épi ensilé.

À suivre, les différents objectifs qu’ils.elles s’étaient fixé.e.s :
– Développer l’autonomie et la maîtrise des coûts alimentaires des exploitations d’élevage qui n’ont pas la possibilité d’effectuer du pâturage, tout en étant respectueux de l’environnement et en s’adaptant aux évolutions climatiques,
– Améliorer l’alimentation des animaux en produisant des protéines par le développement des cultures de légumineuses et protéagineuses plus respectueuses de l’environnement (méteils, luzerne, trèfle, prairies multi-espèces),
– Complémenter les rations par une nouvelle technique : un concentré hautement énergétique avec le maïs ensilage épi,
– Faire évoluer ces pratiques sans déstabiliser l’entente et l’entraide entre les agriculteurs de la CUMA,  maintenir le partage du matériel de récolte et accompagner son évolution dans la Cuma sans surcoût pour les adhérents.

Le GIEE a abouti à l’achat d’une ensileuse par la CUMA et l’adaptation des élevages aux conditions climatiques avec la pratique de l’ensilage de maïs épi. Les résultats complets sont disponibles sur demande à la FRCUMA CVL.

9 exploitations adhérentes à la CUMA de la Rabelaisie (La Roche Clermault, 37) s’impliquent dans la création d’un séchoir en grange multi-produits pour améliorer leur autonomie et renforcer leur pérennité dans le Chinonais.

Le projet a pour objectif d’améliorer la résilience des exploitations agricoles engagées en diminuant les charges liées à l’alimentation des troupeaux, en consolidant les systèmes face aux impacts du changement climatique et en augmentant la valeur ajoutée des produits issus de la ferme.

Le séchoir en grange permet aux agriculteurs d’être moins dépendants des conditions météorologiques et d’améliorer la qualité des produits de la ferme. Ils gagnent ainsi en autonomie par rapport aux achats ou services extérieurs (séchage en coopérative, achat d’intrants). Ils consolident ainsi la pérennité de Ieurs exploitations. Les avantages du séchage en grange sont nombreux :
– Diminution du nombre de jours de séchage au champ pour les fourrages,
– Possibilité de réaliser des coupes de fourrages plus précoces et plus tardives dans la saison,

– Possibilité de sécher de petits lots de céréales et autres produits afin d’en assurer la traçabilité,
– Amélioration de l’autonomie quant au séchage des céréales en amont de la coopérative.

Investir dans un séchoir en grange collectivement est un projet d’envergure qui nécessite de travailler sur :
1. Le développement de nouvelles pratiques culturales

Les éleveurs.euses expérimentent les espèces prairiales à implanter et les itinéraires techniques à mettre en place afin d’aboutir à un compromis entre valeur alimentaire et capacité de séchage du foin. Les prairies multi-espèces sont particulièrement intéressantes (amélioration de la structure du sol, complémentarité entre espèces et souplesse  de récolte).

Les céréalier.e.s souhaitent augmenter ou implanter des luzernes afin de diminuer les intrants et d’améliorer la fertilité de leurs sols. Ils apprennent à en maîtriser la conduite.

2. L’optimisation économique du projet 

Les agriculteurs étudient les coûts, prix de revient, risques financiers à l’échelle de l’exploitation, du séchoir et de la CUMA. L’intégration financière du séchoir dans le fonctionnement global de la CUMA est crucial. Le séchoir nécessite également de nouveaux investissements matériels (groupe de fauche, andaineur à tapis, autochargeuses) dans la CUMA dont d’autres agriculteurs.rices pourront bénéficier. Il faut trouver l’organisation qui permet à toustes de les utiliser. Cela nécessite également de trouver et tester de nouveaux outils de communication.

3. Pour la valorisation et la rentabilité du projet, les agriculteurs.rices s’intéressent au développement de nouveaux débouchés et des modes de conditionnement en particulier pour les luzernes. Le séchage en grange des céréales et autres graines implique de trouver des solutions d’optimisation du stockage et du transport.

4. Le séchoir et les chantiers de récolte intensifient les besoins en main d’œuvre, la CUMA de la Rabelaisie a donc pour projet de mutualiser l’emploi d’un.e salarié.e. Cela implique d’étudier les besoins et le profil de poste recherché ainsi que de former les agriculteurs au rôle d’employeurs.

16 exploitations adhérentes à la CUMA de l’Espoir de Charnizay (37) coopèrent pour organiser les échanges entre céréaliers et éleveurs afin d’amplifier la résilience des exploitations. Pour ce faire, ils.elles travaillent ensemble à l’amélioration de la fertilité des sols, l’autonomie alimentaire des élevages et la production d’énergie.

En Sud Touraine, les éleveurs.euses, limité.e.s en surfaces, complètent les rations des animaux avec du concentré alimentaire importé. Les céréaliers de cette même zone cherchent à améliorer la fertilité des sols et à lutter contre les adventices résistantes aux herbicides. De plus, ils ont l’obligation d’introduire plus de protéagineux et de légumineuses dans leurs rotations. Des agriculteurs.rices de la dynamique CUMA de l’Espoir de Charnizay ayant identifié cette réalité, ont décidé de se rassembler pour y pallier et faire face aux enjeux climatiques difficiles.

Ainsi, le GIEE travaille à l’amélioration de la fertilité des sols des céréaliers en allongeant les rotations et en développant les couverts végétaux fourragers. Ces derniers sont étudiés afin de convenir aux qualités requises à l’autonomie alimentaire des élevages. De plus, une analyse est menée afin de valoriser les effluents via un méthaniseur collectif. La production d’énergie et l’utilisation du digestat sont voués à être équitablement répartis entre éleveurs et céréaliers. Une attention particulière est portée à l’utilisation de matériels adaptés au contexte pédoclimatique. Plus précisément, le groupe approfondi le choix des semences, le semis direct, la réduction du travail du sol et l’optimisation des chantiers de récoltes.

Un groupe d’agriculteurs.rices de la CUMA du Pont de Saulay (Orbigny, 37) s’organise pour faire évoluer les pratiques agricoles afin d’améliorer l’autonomie alimentaire des élevages tout en maîtrisant les charges et le temps de travail. Pour ce faire, ils travaillent sur le progrès de la teneur en protéines des fourrages, l’optimisation des effluents d’élevage tout en maîtrisant les consommations de carburant et l’amélioration de la fertilité des sols.

Historiquement, les activités principales de la CUMA sont la récolte des fourrages et l’épandage des effluents d’élevage. Ces dernières années, l’arrivée des jeunes agriculteurs a accru les activités et soulevé des questionnements sur les pratiques agricoles. Dans ce contexte collectif dynamique, un groupe de 8 exploitations, regroupant 22 agriculteurs, a émergé. Ils souhaitent développer les échanges et conforter leurs exploitations face aux enjeux climatiques et économiques difficiles.

Ainsi, le GIEE travaille sur l’autonomie alimentaire en protéines des élevages en produisant des fourrages diversifiés riches en légumineuses afin de réduire les achats de tourteaux et augmenter la fertilité des sols. Une attention particulière est portée à l’adoption d’itinéraires techniques de circonstance et l’utilisation de matériels adaptés au contexte pédoclimatique et aux récoltes de printemps et d’automne. Plus précisément, le groupe étudiera le choix des semences de prairies, le semis direct, la réduction du travail du sol et l’optimisation de l’épandage d’effluents d’élevage. Les évolutions des pratiques tiendront également compte de la charge de travail et de la cohésion du groupe.

Signe fort du dynamisme collectif et de la logique de mutualisation et d’entraide du groupe, les maraîchers bio du réseau GABB18/Bio Centre ont créé en 2020 une CUMA, la CUMA ChermaraisBio. Elle réunit aujourd’hui 21 fermes, ayant connu un doublement de son effectif en seulement 3 ans. En juin 2022, la CUMA Chermarais Bio remportait le 1er prix des trophées des CUMA 2022 parmi 63 dossiers, grâce à son rôle central pour accompagner et faciliter l’installation de jeunes maraîcher.e.s bio.

Fort de ce collectif dynamique, 24 fermes maraîchères souhaitent aller plus loin dans la mise en commun et souhaitent explorer les possibilités de planification commune des cultures. Une telle démarche soulève de nombreuses questions tant sur le plan de la faisabilité technique et logistique que sur les bénéfices économiques et environnementaux qui peuvent en découler. Le groupe souhaite étudier les potentiels de complémentarités afin d’évaluer la pertinence agronomique, économique et environnementale de mutualiser à termes certaines cultures ou séries de production en sous-groupes.

Le premier objectif du GIEE est de pouvoir générer des données chiffrées pour déterminer les points forts et points faibles de chaque ferme participante (marges, prix de revient, temps de travail, empreinte carbone de production et de logistique). Ces données pourront permettre de dresser un état des lieux des potentiels de mutualisations.

L’idée conductrice est de déléguer un volume donné sur une culture ou série “point faible” qui occasionne une moins-value pour la ferme sur le plan agronomique/technique et/ou économique et/ou environnemental. Dans l’autre sens, il s’agit aussi de capitaliser sur ses propres cultures « points forts » du point de vue de ces trois critères en produisant un peu plus de volumes sur ces cultures pour un.e ou plusieurs collègues.

L’animation du GIEE est portée par le GABB18. La FRCUMA CVL, partenaire participe au suivi d’animation et techniquement autour de la logistique et du matériel partagé.

Les CUMA spécialisées

Les CUMA spécialisées sont des coopératives agricoles qui se concentrent sur des activités précises pour répondre aux besoins spécifiques des agriculteurs et viticulteurs. Elles permettent aux adhérents de mutualiser du matériel, d’optimiser leurs coûts et d’améliorer leur organisation, tout en développant des solutions adaptées aux enjeux locaux : valorisation des déchets, protection des cultures, aménagement foncier, ou maraîchage bio. Chaque CUMA a sa spécialité et agit de manière collective pour offrir un service efficace et durable.

L’emploi en CUMA : mutualiser un salarié pour gagner en efficacité

Les CUMA peuvent employer des salariés pour assurer des prestations collectives, optimiser l’utilisation du matériel et accompagner les adhérents. L’emploi en CUMA peut prendre différentes formes, selon les besoins permanents ou ponctuels : CDI, CDD, apprentissage, contrat saisonnier, TESA, etc.